• Lieutenant Henri Alban Fournier : Mort pour la France

     

    Esprit de mémoire , Devoir de mémoire des derniers dinosaures comme Nounou .

    Pour honorer "ceux qui sont morts pour la Patrie " , en  ce 11 novembre 2019 , je vais évoquer l'un de ces jeunes lieutenants qui partirent au combat "en gants blancs avec encore le casque et l'esprit chevaleresque  d'Azincourt " comme le dit Gaston Bonheur dans son "requiem pour un soldat inconnu " , et disparurent dans les bois de Calonne au début de l'offensive.

    Depuis que la Maman du gros  Jim, a conseillé à Nounou de lire les écrits de Céline , ( superbe idée qui semble faire des petits , car  il y  a peu , elle a entendu le même raisonnement clamer à la tsf par un jeune C.. ) ce qui lui a donné une crise de foie morale ...et vous vous étonnez ensuite qu'elle fasse de la colite !!!! Nounou trouve urgent de rendre hommage à toute cette belle jeunesse , riche de tant de promesses et d'idéaux , qui se trouva engloutie quelque part là bas "où la Meuse est Mortelle ( Gaston Bonheur) "  afin que ce qui fut notre histoire ne soit pas englouti dans les brumes de la mémoire .

    je rajouterai : et que seraient donc ces  jeunes et moins jeunes C..s si cette belle jeunesse n'était pas tombée au" champ d'honneur et d'horreur  ", parce que 100 ans plutôt , d'autres jeunes s'étaient levés en masse , pour aller défendre cette jeune république , cette idée nouvelle  de la  Patrie , née en septembre 1792 , ce beau pays si riche de toutes ses diversités .

    Comme le dit  Gaston Bonheur dans son "Requiem pour le soldat inconnu ":

    "C'est le moment d'évoquer l'un de ces jeunes lieutenants courageux , en gants blancs .Il ressemble à un page de Musset , il vient de publier son premier roman : le Grand Meaulne, il s'appelle Alain-Fournier ."

    que je vais évoquer ......

    Henri Alban Fournier est né le 3 octobre 1886 à la chapellle d'Angillon comme on le lit sur son acte de naissance 

    C'est à Epineuil le Fleuriel où son pére , jeune instituteur a été nommé , qu'il va vivre les belles années de son enfance en compagnie d'Isabelle , sa soeur , sa fidéle confidente , qui épousera quelques années plus tard Jacques Riviére ,son meilleur ami  dont  il fit la connaissance au lycée Lakanal .

    C'est dans ce coeur de la France ,  cette Sologne et ses beaux paysages, la douceur de la famille , la recherche de Dieu comme le fera Péguy , que l'adolescent rêve d'un amour pur, unique , mais aussi de voyages lointains et pour cela il sera marin ...

    L'église, l'école , la cour de l'école avec "le préau bas " .....le puits à roue

    Comme vous devriez vous en douter, Nounou passa  en juin 1971

    un week end prolongé sur les traces d'Alain-Fournier . 

    Car c'est bien de l'auteur du Grand Meaulne dont il s'agit .... 

     

    Henri a 18 ans lorsque sortant d'une expo au Grand Palais ,le 1 er  juin 1905 il rencontre "une belle jeune fille blonde , élancée descendant lentement le grand escalier de pierre , elle a fixé sur moi ce regard si pur que je me suis retourné ...

    il a rencontré celle qu'il recherche depuis l'adolescence , " sa femme "  la seule capable  d'étre à lui la "petite fille, la fiancée et la Maman ......"

    Il vient de rencontrer Yvonne de Galais !

    Seulement   Yvonne de Galais de son vraie nom Yvonne de Quiévrecourt est fiancée à un médecin de marine qu'elle épousera l'année suivante et aura 2 enfants :

    - Yvonne qui sera religieuse

    - Maurice , éléve de St Cyr, lieutenant-colonel tué en Algérie en 1957 .

    Yvonne "de Galais " est décédée le 29 décembre 1964 .

    Bon revenons en 1905 ..... Ils sont jeunes , ils sont beaux , ils se reverront chastement , jusqu'à ce que la jeune femme mette un terme à cette amitié (amoureuse ?) qu'elle avouera à son fiancé .... mais que Henri gardera toujours au coeur .

    Il lui enverra d'ailleurs le Grand Meaulne, envoie auquel elle ne répondra pas .

    Et les différentes héroines du roman , comme Valentine , traverserons sa vie amoureuse , lui voulant toujours  les sauver de leurs turpitudes . Quand en 1913 , après sa dernière entrevue avec Yvonne "de Galais" il comprend que même l'amitié ne  sera jamais possible avec son sublime amour fou , alors que le roman de leur histoire va être publié ,il finit  par tomber dans  les griffes ou plutot céder  à celle qui essaie de le séduire depuis le 5 mai 1912 quant sur les recommandations de Charles Péguy , il est devenu secrétaire de son mari .

    Elle est de 10 ans son ainée , en est à son second mariage d'interet avec Claude Casimir-Perrier (fils du président défunt) et qui sera tué en janvier 1915 en faisant son devoir d'officier ! Comédienne célèbre sous le nom de  Mme Simone  qui convolera  quelques années plus tard en 3 ème noces et mourra à 108 ans !.

    Nounou se rappelle de la voix de l'ex théatreuse , entendu à la TSF ......

    Femme interessée, adultére, maitresse infidéle ,mante religieuse pour son jeune amant , Il est bien loin de son rêve d'Amour pur , idyllique  ,  comme celui qu'il éprouve  pour Yvonne de Galais qu'il continuera d'aimer. 

     

    Comme le dit Isabelle Rivière , sa soeur " C'est ainsi qu'après la brève apparition dans sa vie de la belle jeune fille tant cherchée , tant aimée , il n'a plus trouvé que des maitresses ."

    De la lecture de toutes les lettres qu'il a écrit, il essaie, il espére toujours ce mariage  idéal  .   

    Mais ne se sont-ils pas brisés les uns après les autres, les beaux rêves d'Henri .....

    Celui d'être marin, et son échec à l'école navale , puis celui à l'école normale supérieure .....

    Il ne sait plus quoi faire de sa vie...

     Finalement c'est l'écriture qui lui ouvre la voie .

    Car si le Grand Meaulne est son seul roman publié de son vivant , il écrit énormément , beaucoup ....

    et ses lettres sont encore plus belles à lire que son roman publié en 1913 .

    Une correspondance avec sa soeur  , son ami puis beau frére.....

    Il écrit de petites nouvelles , des vers , il est critique littéraire dans des journaux ....

    Ami de Charles Péguy , tué 17 jours plutôt le 5 septembre 1914 , il avait eu la prémonition de sa fin ....qui eut lieu le 22 septembre 1914...

    Un jour en passant devant le Panthéon avec sa Maman, il lui dit :

    ' Un jour  je serai là ' 

    Il figure presque dans les premiers , sous son pseudo utilisé depuis 1908 env , Alain-Fournier ,sur la grande plaque qui au Panthéon recense tous les écrivains morts pour la patrie , par ordre alphabétique .....

    il dit aussi parlant de la possibilité de la Guerre : " Je sais qu'elle est inévitable et que je n'en reviendrai pas . '  

    Pendant 77 ans , lui qui avait écrit : "

    Mourir enfin les yeux tout chauds ,

    les yeux en plein soleil ,

    au chant lointain des coqs

    le lieu exact où repose sa dépouille depuis ce 22 septembre 1914 ,est inconnue mais le 2 mai 1991 , ses restes avec ceux de ses 20 compagnons sont retrouvés dans une fosse commune dans des bois prés de St Rémy la Calonne . 

    Aprés des recherches 'archéologiques très minutieuses  des squelettes' , aucun doute sur les identités .

    Le lieutenant Henri Alban Fournier , croix de guerre avec palme et chevalier de la légion d'honneur est inhumé avec ses hommes dans la nécropole nationale de Bois de Combes 

    A vingt ans il écrivait :

    "Je me disais que je serai le NOCTURNE PASSEUR DES PAUVRES AMES, des pauvres vies .Je les passerais sur le rivage de mon pays où toutes choses sont vues dans leur secréte beauté . 

    ( Henri Fournier ) 

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    Paar son livret militaire  on apprend qu'il a les cheveux chatain foncé  , les yeux gris foncé , le nez Droit , la bouche moyenne , le menton rond , le visage ovale et mesure  1 m 69 .

    On peut admirer  sur la photo ci dessus la silhouette élègante, élancée.....

    Le visage du jeune homme ayant pris sa mesure d'homme . ( d'aprés sa soeur il a 23 ans sur cette photo ).

    son niveau d'instruction est noté : 5  

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    Il  a obtenu un sursis d'incorporation en 1907 ,Une  nouvelle loi qui octroie ce sursit au quel il renonce le 8 aout 1907. 

    il est appelé  au 23 ème régiment des dragons qu'il incorpore en tant que  2 ème classe le 1er octobre 1907 .

     il passe au 104 r d'infanterie    le 10 novembre 1907

    nommé caporal  le   17 avril  1908 ,il  a obtenu le titre d'élève officier de réserve le 1 er octobre 1908

    Il est nommé sous lieutenant de réserve par décret  le 29 mars 1909 , et est affecté au RI de Mirande

    Promu lieutenant de réserve le 30 juillet 1913 ( rang au 1 er mai 1913 ) 

    il est rappelé à l'activité "par suite de mobilisation générale," . Il arrive au corps le 3 Aout 1914   .

    porté disparu à Vaux présumé griévement blessé le 12 septembre 1915

    son décés est fixé au 26 septembre 1914 par jugement déclaratif du tribunal de la seine le 25 juin 1920

    " Quelqu'un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse , à la nuit , lorsque mon pére avait accroché les volets de bois aux portes vitrées."

    Une belle âme au Panthéon perso de Nounou ...

     

    Si simplement cet article vous donne envie de relire le Grand Meaulne " nullement un adieu à l'adolescence mais un refus de vivre  "  ou de revoir le superbe et féérique film de JG Albicocco avec Brigitte Fossey ......

    le temps passé à lire et relire notes (de 1971) et écrits  comme le livre d'Isabelle Riviére ,le roman du Grand Meaulne , les recherches faites aux archives en ligne , 

    ( dommage je n'ai pas retrouvé la photo de sa chambre )

    tout ce temps à lui consacré n'aura pas été inutile , surtout si je suis arrivée le temps d'un article de lui donner vie .

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    MMe Simone,en réponse à Madeleine Chapsal qui lui demande en 1961 si elle a toujours été heureuse lui répond : " Heureuse ? mais non, je ne suis pas une personne Heureuse .... comment est-ce que je pourrais être une personne heureuse , ayant perdu il y a 16 ans (en 1944  ) l'homme qui était toute ma vie ?( son 3 éme mari François Porché  ) J'ai été heureuse pendant 29 ans ( depuis 1915 ) et c'est déja beaucoup je crois !

    Pauvre pauvre Henri Fournier .

    Lui qui aimait tant les enfants , alors qu'elle était enceinte de lui a avortée .( ce qui le fit énormément souffrir nous dit sa soeur ) 

    Lui qui tenait tant  un mariage religieux, elle lui avait assurée que son 1 er mariage où juive par son pére elle s'était convertie , serait  facilement annulé par Rome et donc ils pourraient se marier au retour de la guerre  , et qu'elle aurait divorcée de son second mari ....

    Ils s'étaient fait la promesse  , juste avant qu'il parte à la guerre , dans la cathédrale de Bayonne de se marier à son retour de la guerre ........

    alors qu'il n'était officiellement que "porté disparu ", en 1915 , elle le remplaçait dans son lit et son coeur d'artichaut par François Porché qui marié et pére de famille divorça pour l'épouser  , devenue veuve de Claude Casirmi Périer tué aussi à la guerre début 1915 ........

    Pauvre Pauvre Henri Fournier   

     

     

     

    « Au ralenti.....C'était mon copain, c'était mon ami..... »

  • Commentaires

    1
    Lundi 11 Novembre à 09:41

    Très bel article d'hommage en cette date. Je ne relirai peut être pas le Grand Meaulne mais j'ai envie de découvrir les autres écrits peu connus et qui sont cités ici. Je vais chercher ça.

    C'est bien de citer ces jeunes (et autres) vies brisées pour une logique implacable qui leur échappait. Nous leur devons beaucoup, et avant tout du respect.

    Quant à Céline, comme beaucoup, j'ai lu "Le Voyage" (en particulier la version illustrée et dessinée par Tardi).

    Mais le personnage de Louis Ferdinand Céline est imbuvable (même si il aimait les chats).

    Malgré tout il ne faut jamais occulter un tel personnage, il faut savoir poser un regard critique sur ce qu'il a fait et dit.

    Comme le hasard n'existe pas, sa veuve vient de décéder il y a quelques jours  ICI

    Bonne journée en espérant que Nounou va mieux

      • Lundi 11 Novembre à 10:20

        Le Grand Meaulne, livre dit d'adolescent....

        Je l'ai lu j'avais 21 ans , un joli conte. J'ai vu à sa sortie le film d'Albicocco... et puis en 1971 je suis partie à la recherche d'Alain-Fournier..et le beau jeune homme fauché l'un des premiers en 14 , m'a séduite....

        Voir les lieux, s'impregner de l'ambiance parle tellement , en raconte tant.......

        Je viens de relire ( merci à la colite qui oblige le repos et la position allongée ) , le Grand Meaulne après avoir relu ses lettres ,  le livre d'Isabelle Rivière, et là le roman a pris une autre dimension parce que je pouvais y coller ce qui était vraie autobiographique. Il a mis 8 ans à l'écrire .Le sentiment que c'est son âme qu'il a livré dans ce roman .  

        Je suis toujours très émue de découvrir ce que des archives comme un livret militaire , une fiche de Mémoire des hommes , peut nous apprendre sur un individu .

        Oui combien comme lui......

        ----

        oui j'ai vu le décés de Mme Destouches à 107 ans !

        Je n'ai pas lu le voyage mais Rigodon et encore pas jusqu'au bout , le style déja est déplaisant pour moi .

        Libre à chacun de lire ce qu'il veut ! Mais devoir subir un repas aux éloges du personnage parce qu'il a écrit les horreurs des tranchées , vanter ses écrits ( au passage en ignorant tout du personnage ...... ) .ces jeunes oublient qu'ils s'adressent à des personnes qui ont encore les récits de première main de leurs Grands Péres ( 5 morts dans la famille proche + 1 gazé et 1 gueule cassée )  qui ont été aussi dans les tranchées et beaucoup plus longtemps que Céline ......

        De très beaux romans ont été écrits sur la laideur de cette guerre comme :

        Les Eparges de Maurice Genevoix 

        Morts pour la France de Max Gallo

        Les croix de bois de Dorgelés.

        plus romanesque mais interessante sur la guerre de 14/18 : la série de Troyat les semailles et les moissons ...

        ----

        Coté colite / Nounou  un peu de mieux ( normal vu le régime ) et on attend l'écho vendredi prochain......

        ---

        Caresses à toutes les moustachettes

        Bon Dimanche 

    2
    Lundi 11 Novembre à 13:48

    Un article qui me parle beaucoup. Chaque année pendant longtemps je travaillais sur  Le Grand Meaulnes avec mes élèves et nous étudions aussi des éléments de sa biographie J'ai beaucoup aimé le livre d'Isabelle Rivière . Personnellement j'ai aussi beaucoup lu d'autres auteurs sur cette guerre : Les Crois de bois , bien sûr mais aussi Le feu de Barbusse, ceux de 14 de Génevoix, A l'ouest rien de nouveau de E.M. Remarque, 9.14 de Jean Echenoz ... sont des œuvres qui m'ont touchée. Certains poèmes d'Apollinaire aussi. Quant à Céline, sa personnalité  m'a toujours arrêtée dans la lecture de ses livres .

    Nous devons beaucoup de respect à tous ceux dont la vie a été fauchée si brutalement. 

      • Lundi 11 Novembre à 15:36

        Lu aussi ( en plus de ceux  cités dans mon com à JM ) ceux de 14 et à l'ouest rien de nouveau et les poémes d'Apollinaire .

        Je viens de me commander :

        14/18 lettres d'écrivains : Henri Barbusse ( je ne le connaissais pas ) , Guillaume Apollibaire, Alain Fournier .

        J'aime  aussi beaucoup le livre d'Isabelle Rivière et c'est sa relecture qui m'a donné envie d'écrire cet article .La partie "Appendices " est des plus importante me semble t-il , qui remet la vérité dans les contre vérités publiées .

        Les notes , photos , que j'avais alors faites en 1971 , ainsi que les cartes achetées sur les lieux ont ravivés mes souvenirs comme si c'était hier . Dommage je ne retrouve plus non plus les photos faites à la Chapelle d'Angillon .

        Caresses de Phiphi à ses co-soeurs cha'tinfirmiéres .

      • Lundi 11 Novembre à 15:58

        J'ai aussi relu "Le Feu" de Barbusse récemment.

        Pour Fournier, oui du coup je vais peut être relire sont œuvre unique.

        Bonne soirée

      • Mercredi 13 Novembre à 10:04

        ça y est j'ai ressorti le Grand Meaulne, et je vais le relire avec un œil différent de celui d'un jeune adulte, il y a longtemps. Bonne idée après tout.

        Il y a peu de temp je m'étais offert cette bande dessinée : http://casesdhistoire.com/le-dernier-assaut-de-tardi-sur-la-premiere-guerre-mondiale/

      • Mercredi 13 Novembre à 10:24

        Je ne connaissais pas Tardi. Interessant  .

        Je pense que vous  lirez le Grand Meaulne , d'un autre oeil ... au passage Ste Agathe c'est Epineuil le fleuriel.......

        Il avait commencé un second livre ' Colombe Blanchet ' , et des notes qu'il n'avait pas utilisé dans le Grand Meaulne , étaient ressorties pour Colombe Blanchet . 

      • Mercredi 13 Novembre à 10:35

        Je vais donc chercher un peu plus sur les autres écrits de Fournier.

        Pour Tardi, c'est spécial mais c'est le dessinateur qui s'est spécialisé dans l'horreur de cette guerre.

        Et pui la bd est accompagnée d'un cd avec des interprétations réussies de chansons de cette époque.

      • Mercredi 13 Novembre à 11:00

        Ah super le CD .

        Il y a très longtemps j'étais abonnées à la Guilde internationale du disque , et j'y avais acheté le coffret de 3 vinyles qui racontaient la guerre de 14/18 ,avec chanson de l'époque . Un super coffret .

    3
    Mardi 12 Novembre à 09:33

    Je vous serais reconnaissante de ne déposer que des coms relatifs à cet article , par respect pour celui qui y est évoqué . 

    Ce n'est pas une page FB , mais un blog de mémoire.

    Merci

    4
    Mercredi 13 Novembre à 12:48

    Bonjour,
    Que cet article est beau, oui tout simplement beau !
    Beau par son texte choisi, beau par ses références nombreuses et beau par ses illustrations qui lui donnent une grande présence ... et Alain Fournier nous devient beaucoup plus proche.

    Ah oui,c'est un bel article pour fêter ce 11 novembre.

    Je l'ai lu dès sa parution ... et j'avais cherché à l'identifier dans la photo où il est avec 5 autres militaires ... et en revenant aujourd'hui, je vois que la photo a été modifiée pour qu'on l'identifie ... merci !

    Bravo et merci ! yes

      • Mercredi 13 Novembre à 12:53

        Je me permets de rajouter un tout petit commentaire qui pourra être supprimé pour dire que je me demande s'il n'y a pas une minuscule coquille de date dans la phrase "

        "il est rappelé à l'activité "par suite de mobilisation générale," . Il arrive au corps le 3 Aout 1914   .

        porté disparu à Vaux présumé grièvement blessé le 12 septembre 1915

        son décès est fixé au 26 septembre 1914 par jugement déclaratif du tribunal de la seine le 25 juin 1920"

        ... Il me semble qu'il faudrait lire 12 septembre 1914 et non 1915 ...

         

      • Mercredi 13 Novembre à 14:50

        D'abord Merci , Chatdesîles .

        Et non, je n'effacerai pas votre com car il est tout à fait en rapport avec l'article .

        Il montre que vous avez bien tout lu en détail . Encore Merci de ça .

        J'ai récupéré l'extrait de son livret militaire et c'est trés exactement ce qui y est écrit .

        C'est bien le 22 septembre 1914 , qu'Henri Fournier a été "massacré" car il n'y a pas d'autre terme pour qualifier sa fin et celle des deux autres officiers et de leurs hommes  .

        Une débandade suit l'abattage à la mitraillette des 21 soldats qui se sont portés en avant, les 3 officiers ouvrants la marche .

        Dans un premier temps , il n'y eut pas de nouvel!es. Puis porté disparus . Sa soeur fait des recherches ( son mari est prisonnier ) , ceux qui peuvent être témoins sont entendus , les témoignages souvent ne concordent pas, d'autant que ceux qui les font , étaient cachés dans des talus , derriére des arbres , loin du carnage , car cela en fut un . 

        Il a été dit qu'il avait été vu recevoir une balle en plein front , aussi qu'il été tombé mais n'était que blessé, une ambulance allemande étant dans le secteur l'avait sans doute récupéré .....

        Les quelques témoignages divergeaient .... Certains confondaient les offensives , celle du 22 , celle du 24 , celle du 26 ...

        De tous ces témoignages , il fut porté cette  mention de 'disparu probablement blessé , le 12 septembre 1915 ( au passage je signale que ladite mme Simone , veuve de Claude Casimi-Perier depuis début janv 1915 , avait déja remplacé depuis 5 mois son jeune amant dont elle se dira plus tard qu'elle était  " la fiancée, la femme ") .

        Le 25 juin 1920 ,quand il  est évident qu'il a été tué,  la date de son décés est fixée au 26 septembre par jugement.....

        Mais c'est bien le 22 septembre 1914 qu'Henri Alain Fournier a été tué .

        Depuis la découverte et la certitude de ses restes , en autre grâce à la taille portée sur le Livret militaire , les galons sur un reste de manche et au col , tous les papiers des officiers et ce qui pouvaient les faire reconnaitre leur a été enlevé .A la découverte de ceux qu'ils avaient tués, ( Alain-Fournier commençait à être connu et célèbre ) les allemands d'ailleurs, commencérent une campagne de dénigrement immonde , pour justifier leur acte  ou plutôt se "dédouaner" ...

        De l'étude des cadavres il ressort qu'ils ont été abattus au fusil mauser  , tous touchés à la colonne vertébrale ( de dos alors ? ) ou  niveau du bassin . visiblement encerclés . ceux qui ne  pas morts sur le coup et  ont été achevé d'une balle dans la téte.

        Merci pour votre remarque qui m'a permis d'apporter ces précisions  .

        je rajouterai que lors de mon Pélerinage de la Grande Guerre , dans les années 70 , je suis passée tout prés de la fosse commune trouvée 77 ans après qu'elle ait été creusée , et je me souviens très bien des bois de Calonne.......de Vaux ....

      • Mercredi 13 Novembre à 19:51

        Oh, merci pour toutes ces précisions.
        Ce billet et les réponses aux commentaires sont le témoignage de vos recherches très fouillées sur l'auteur du Grand Meaulne.

        Tout ce que j'ai découvert dans cet article et que j'ignorais me rendent Henri Alban Fournier finalement beaucoup plus proche que je ne le pensais.

        Merci !

      • Jeudi 14 Novembre à 10:25

        Merci Chatdesîles

        J'en profite pour vanter  nos technologies modernes , et ceux qui en sont à l'origine grâce au coté positif d'internet ,que de documents pouvons nous consulter !!!!!! Documents qui seraient sinon, hors de notre portée !.

        Je viens de relire le compte rendu des fouilles et seuls 2 soldats ( sur 21 ) n'ont pas pu être identifiés .

        Le plus jeune a 26 ans , les 2 plus agés ( en dehors du capitaine qui a 48 ans ) ont 33 ans ...

        Le sous lieutenant qui repose désormais à coté de son lieutenant avait 26 ans  et était prof de Philosophie......

        Comme il est dit à la fin du rapport :

        " cette opération la première du genre en Fance ( 1991) , a posé les bases de l'archéologie de la grande guerre "

        Son neveu , Le fils d'Isabelle , Alain Riviére ,aura connu , enfin , le sort de son oncle , le fére et beau frére tant chéri de ses parents .

        Oui, plus nous le découvrons,  plus il nous est proche .

        Merci pour cette lecture attentionnée

    5
    maîtresse Poupette
    Vendredi 15 Novembre à 00:48

    Cet article est vraiment très détaillé ! Un vrai travail d'enquêteur !Tout cela m'a donné envie de relire le Grand Meaulne. Si je le retrouve dans ma bibliothèque. A moins qu'il ne soit encore dans un carton...

    Ronrons Phiphi

      • Vendredi 15 Novembre à 16:13

        Merci

        Ronrounets

    6
    Vendredi 15 Novembre à 16:00
    Merci pour ce magnifique article (et ses commentaires très intéressants) le tout si détaillé !
    J’avoue avoir bcp appris. J’ai lu le grand Maulne dans ma jeunesse ! Je n’ai plus le livre donc je ne le relirai pas ; pourtant ce beau billet me le remet en mémoire et ajoute tout un relief qui fait que mes souvenirs de ce roman prennent d’autres « colorations « !
    J’´ai encore, par contre » Les semailles et les moissons ! Ce billet me donne envie de les relire !
    Merci pour ce bel hommage et le « rappel à se souvenir «  de tous ceux qui ont donné leur vie pour notre liberté ! Tant de très jeunes et ces mots « plus jamais ça ! » Quand on voit la suite des événements !!!
    Combien réalisent ce que nous devons à tous ceux qui ont donné leur vie ou sont restés lourdement handicapés.... et ces familles brisées ;
    Il est des mots dont on ne se souvient plus trop. La Patrie ! Par exemple l
    Oui ces jours de souvenir sont importants et je dirai « indispensables ».
    Encore merci Nounou.
    Bisou.
    Douces caresses à Phiphi !
    Meilleure santé ! Bien pensé à toi ce matin
    Nicole75
      • Vendredi 15 Novembre à 16:16

        Il y a aussi "un long dimanche de fiançailles ," , "le patient anglais".. 

        Tant qu'il y en aura encore pour en parler, se souvenir.......

        Sinon pour Nounou , le feuilleton "bedon"  continue ....... à suivre !

        Caresses à Micky

        Bises

    7
    Samedi 16 Novembre à 16:58

    Merci, je vais regarder ça

      • Samedi 16 Novembre à 17:02

        Glousss je remets l'adresse 

        J'aime beaucoup le dernier hommage 

        C'est autour de  la pyramide de verre  érigée là où étaient les corps  

    8
    Colombe
    Jeudi 28 Novembre à 00:01

    (de passage sur le blog, pour découvrir en particulier cet article indiqué par Chatdesîles  :-) )

     me voilà transportée dans les souvenirs de lecture de ce livre inoubliable  (je vois qu'il est dans wikisource: https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Grand_Meaulnes) : je ne savais pas qu'il avait manqué d'une voix le prix Goncourt... L'imagination et le mystère qui en émanent donnent envie de découvrir l'enfance et les lieux de vie  de l'auteur;

    merci pour ce travail de mémoire des hommes, et pour cette recherche partagée.

      • Mercredi 4 Décembre à 19:00

        Merci à Vous pour votre message

    9
    Mercredi 4 Décembre à 19:43

    Je viens de lire que la dite MMe Simone,en réponse à Madeleine Chapsal qui lui demande en 1961 si elle a toujours été heureuse lui réponds : " Heureuse ? mais non, je ne suis pas une personne Heureuse .... comment est-ce que je pourrais être une personne heureuse , ayant perdu il y a 16 ans (en 1944 , son 3 éme mari François Porché ) l'homme qui était toute ma vie ? J'ai été heureuse pendant 29 ans ( depuis 1915 ) et c'est déja beaucoup je crois !

    Pauvre pauvre Henri Fournier .

    Lui qui aimait tant les enfants , alors qu'elle était enceinte de lui a avortée .( ce qui le fit énormément souffrir nous dit sa soeur ) 

    Lui qui tenait tant  un mariage religieux, elle lui avait assurée que son 1 er mariage où juive par son pére elle s'était convertie , serait  facilement annulé par Rome et donc ils pourraient se marier au retour de la guerre  , et qu'elle aurait divorcée de son second mari ....

    Ils s'étaient fait la promesse  , juste avant qu'il parte à la guerre , dans la cathédrale de Bayonne de se marier à son retour de la guerre ........

    alors qu'il n'était officiellement que "porté disparu ", en 1915 , elle le remplaçait dans son lit et son coeur d'artichaut par François Porché qui marié et pére de famille divorça pour l'épouser  , devenue veuve de Claude Casirmi Périer tué aussi à la guerre début 1915 ........

    Pauvre Pauvre Henri Fournier   

      • Mercredi 4 Décembre à 20:47

        Placé sous une mauvaise étoile ....

      • Jeudi 5 Décembre à 09:09

        Rencontré surtout la mauvaise personne..........



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